Mesures champs
Des antennes
La mesure in-situ
Le niveau d'exposition du public au rayonnement des antennes relais dépend avant tout de la puissance de l'émetteur, de la distance entre l'antenne et l’utilisateur et des caractéristiques de l'antenne. Il est possible de réaliser une évaluation par le calcul du champ rayonné par une antenne de station de base avec les formules de l'électromagnétisme et les diagrammes d'antennes. Cependant, à proximité immédiate de l'antenne, les calculs surestiment en général le champ rayonné.
Sur sites, il est nécessaire d’utiliser un équipement de mesures assez sensible au regard des niveaux de champs à mesurer et de respecter un protocole de mesure adapté au besoin afin de s’assurer de la validité des résultats. L’évaluation du niveau d’exposition quand les émetteurs sont à trafic maximal est réalisée à l’aide de coefficients d’extrapolation. L’Agence Nationale des Fréquences (ANFR) a établi un protocole de mesures in situ pour vérifier les limites d’exposition du public aux champs électromagnétiques.
Des téléphones mobiles
Les mesures de DAS
Qu’est ce que le DAS ?
Le DAS (Débit d'Absorption Spécifique), caractérise la puissance absorbée par une unité de masse de tissus du corps humain. Il est exprimé en Watt par kilogramme (W/Kg). S'agissant des téléphones mobiles, la réglementation française, fixée par le décret n°2003-961 du 8 octobre 2003 et par la Directive RTTE impose un DAS dans la tête inférieur à 2W/kg. Cette valeur limite est un niveau 50 fois plus faible que celui à partir duquel des effets nocifs ont été observés. Cette valeur, ainsi que cette marge de sécurité ont été confirmées par plusieurs organisations internationales, comme l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la Commission internationale de protection contre les rayonnements non-ionisants (ICNIRP).
Comment mesure t’on le DAS ?
Certaines normes définissent des protocoles de mesures du DAS.
Les bancs de mesures de DAS
La dosimétrie expérimentale est basée sur la mesure du champ électrique dans un modèle synthétique, ou fantôme, rempli d’un liquide dont les propriétés électromagnétiques sont équivalentes à celles des tissus biologiques constituant la tête ; le radiotéléphone est placé, en émission maximale, dans plusieurs positions nominales d’utilisation. La mesure est effectuée sur un fantôme dont la surface interne représente la forme du visage. Les liquides équivalents aux tissus biologiques sont composés d’un mélange de produits chimiques simulant le comportement diélectrique de ces tissus aux différentes fréquences d’utilisation courante. La mesure est réalisée à l’aide d’une sonde de champ électrique qui fournit le module des trois composantes du champ dans le fantôme suivant un maillage régulier de celui-ci. Avant toute série de mesures, la calibration du banc est doublement contrôlée d’une part par la mesure d’un téléphone de référence et d’autre part par la mesure d’un dipôle calibré sur fantôme plan. Des contrôles supplémentaires sont également réalisés quotidiennement (propriété des liquides…).
Les résultats
Il faut rappeler que dans toute mesure, le résultat est toujours accompagné d'une incertitude associée. Pour ce qui est des mesures de DAS, en l'état actuel des performances des équipements de laboratoire, l'incertitude totale obtenue sur la valeur de DAS est typiquement de + ou – 20 %.
Puissance émise lors d’un usage réel
Lors d’une communication réelle, les téléphones portables adaptent leur puissance d’émission en fonction de différents paramètres (qualité de la couverture du réseau, vitesse de déplacement, services demandés : voix ou data…), c’est ce que l’on appelle le « contrôle de puissance ». Afin de connaitre l’exposition réelle des usagers des mobiles, des études ont été conduites en Europe et aux Etats Unis des la fin des années 90 afin de mesurer la puissance réellement émises par les mobiles. Différentes techniques ont été employées et continuent de l’être : L’emploi de « mobiles modifiés » (incluant une mémoire qui enregistre la puissance émise), l’emploi des données de supervision du réseau, ou l’emploi de terminaux à trace (TEMs).
Pour sa part, Bouygues Telecom s’est doté d’un équipement de mesure unique en son genre, (issu d’une collaboration avec l’école SUPELEC), qui a la particularité de s’adapter à tous les types de téléphones (2G, 3G, mobile à clapet, smartphone…). Les campagnes de mesures réalisées de 2005 à 2011 ont montré pour un appel voix des puissances émises typiquement d’environ 1/3 de la puissance maximale en 2G, et de 1/300 de la puissance maximale en 3G. Ces résultats, portés à la connaissance de la communauté scientifique sont venus compléter les travaux déjà publiés sur ces questions.

