Les questions posées
Des effets athermiques ?
L'Afsset dans son avis (1), en date du 15 octobre 2009, souligne « que les travaux disponibles ne permettent pas aujourd'hui d'identifier un mécanisme d'effet non thermique ni un mécanisme d'action cumulatif des radiofréquences. »
Que se passe t-il en dessous des seuils d’apparition des effets thermiques ?
C’est cette question qui depuis une quinzaine d’année fait l’objet de nombreuses études médicales à travers le monde.
En termes de génotoxicité, les champs RF ont été évalués par des approches in vivo et in vitro. La plupart de ces études n’ont pas décelé d’effet des radiofréquences ; cependant, certains résultats du projet européen REFLEX suggèrent de plus nombreuses lésions de l’ADN dans les cellules exposées aux radiofréquences dans certaines conditions d’exposition et de test. La réplication(2) de G. Speit et coll. de l’Université de Ulm en Allemagne ne montre quant à elle aucun effet. Du fait des nombreuses critiques émises par la communauté scientifiques, l'ICNIRP (commission internationale sur la radioprotection non ionisante), organisation scientifique de référence, déclare que ces résultats doivent être confirmés avant d'être pris en considération (3).
Les résultats des études relatives aux effets des signaux de téléphonie mobile sur les fonctions cognitives sont contradictoires. En général, les nombreuses études publiées récemment ne confirment pas les effets trouvés voilà quelques années, qui étaient obtenus dans le cadre d’études de plus faible taille et de méthodologie moins rigoureuse.
Certaines études suggèrent que le signal GSM pourrait avoir un léger impact sur l’activité cérébrale (modification de l’onde alpha de l’électroencéphalogramme). Ces études présentent des résultats contradictoires. Aucune implication biologique de cet effet n’a été identifiée.
L’étude TNO (4) qui montrait des effets sur le bien être des signaux UMTS émis par les stations de base a fait l’objet de plusieurs réplications qui n’ont pas pu mettre en évidence les mêmes effets ( Regel et coll. 2006, Ugawa et coll. 2007).
La différence entre les personnes « hypersensibles » et « non sensibles » a pu être observée à travers différents paramètres physiologiques qui sont fortement influencés par le système nerveux autonome, mais ces effets ne sont pas influencés par les signaux de la téléphonie mobile. Comparés aux personnes « non sensibles », ces personnes peuvent être atteintes de migraines, nausées, vertiges… durant l’usage du téléphone portable, et cela avec une prévalence beaucoup plus importante. Cependant, ces symptômes sont indépendants de la présence ou non des champs radiofréquences, et peuvent donc refléter des effets psychosomatiques.
Au niveau des interactions, différents mécanismes « non thermiques » qui pourraient provoquer des effets biologiques ont été envisagés. Finalement, une des rares hypothèses pourrait être celle de l’activation de thermorécepteurs. Ces thermorécepteurs sont localisés sur la peau mais également pour les animaux à sang chaud au niveau d’autres parties du corps, comme le cerveau et la moelle épinière. Une autre hypothèse suggère que les signaux RF modulés pourraient être démodulés. Cependant, la seule structure connue comme étant non-linéaire (et donc capable de démoduler) est la membrane cellulaire, mais qui est seulement capable de démoduler des signaux de fréquences inférieures à un mégahertz environ (donc bien inférieures aux fréquences de la téléphonie mobile). En attendant les résultats des expérimentations en mesure de détecter d’autres composants non linéaires de la cellule, le consensus est de considérer que la démodulation n’est pas biologiquement significative dans la gamme de fréquences utilisées dans la téléphonie mobile.
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(1)Les radiofréquences, mise à jour de l'expertise relative aux radiofréquences, octobre 2009 - p14
(2) la reproduction de la même étude dans les mêmes conditions expérimentales
(3) livre bleu 2009 de l'ICNIRP
(4) Etude COFAM : Cognitive Functions And Mobiles ; Swamborn et coll., 2003

