Où en sont les recherches ?

« Compte tenu du nombre considérable d’utilisateurs de téléphones mobiles, il est important de rechercher, de comprendre et de surveiller tout effet potentiel sur la santé publique…. À ce jour, il n’a jamais été établi que le téléphone portable puisse être à l’origine d’un effet nocif pour la santé. …. L'OMS procèdera d’ici à 2012 à une évaluation formelle du risque pour tous les effets sur la santé dus à une exposition à des champs de radiofréquence. De plus, …, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), organisation spécialisée de l’OMS, a examiné en mai 2011 le potentiel cancérogène des champs de radiofréquences, comme ceux produits par les téléphones portables.» ( OMS, Aide mémoire n°193, 2011).

Par le biais de son projet EMF, débuté en 1998, l'OMS a mis sur pied un programme pour contrôler la littérature scientifique publiée sur les fréquences électromagnétiques, afin d'évaluer les effets sur la santé de l'exposition à des fréquences allant de 0 à 300 GHz, afin de donner des avis sur les dangers éventuels et de trouver les mesures adéquates pour les atténuer.

Après des analyses internationales approfondies, le Projet international EMF a fait la promotion de la recherche pour approfondir les connaissances, à la suite de quoi les gouvernements nationaux et des instituts de recherche ont financé des travaux de recherche sur les fréquences électromagnétiques.

Il est impossible de citer l’ensemble des études publiées ou en cours de publication relatives à la téléphonie mobile et à la santé.

A titre d’exemple, et donc sans être exhaustif, nous vous présentons quelques résultats de programmes de recherche européens.

Depuis plusieurs années, en plus de ces programmes de recherche biomédicaux, de vastes réseaux d’expertise européens sont créés par la Commission européenne afin de réaliser l’évaluation des risques liés à l’exposition aux champs électromagnétiques. L’EFHRAN (European Health Risk Assessment Network on Electromagnetic Fields Exposure , http://efhran.polimi.it/) est le dernier en date.


REFLEX

Douze groupes de chercheurs provenant de sept pays européens ont participé à ce projet portant le titre « Risk Evaluation of Potential Environmental Hazards From Low Energy Electromagnetic Field Exposure Using Sensitive in vitro Methods ». Cette collaboration internationale a duré pendant 52 mois (2000 – 2004) et était soutenue par la Commission de l’UE dans le cinquième programme cadre pour la recherche et le développement. Le groupe REFLEX s’était donné pour objectif d’étudier les effets des champs électromagnétiques de basses et hautes fréquences (EMF) à différents niveaux cellulaires et subcellulaires, afin de créer une base pour l’évaluation des risques.

L’organisation du programme REFLEX s’est faite autour de différents ensembles de modifications cellulaires présentant une grande signification biologique. En font surtout partie les modifications du matériel génétique liées à l’exposition (lésions de l’ADN), la régulation des gènes et protéines (expression), les effets sur la mort cellulaire programmée (apoptose) et les incidences sur la croissance ou la différenciation cellulaires. En outre, les études ont été adaptées à plusieurs systèmes cellulaires pour savoir si d’éventuelles différences d’action des EMF sont spécifiques de certaines cellules. Dans le cadre de ce projet, des altérations génotoxiques avaient pu être constatées en dessous des limites de sécurité en vigueur. Non seulement l’intensité et la durée de l’exposition RF, mais aussi le mode d’exposition (modulation, continu ou intermittent) semblaient décisifs pour l’induction de cassures de brins d’ADN dans les fibroblastes humains (Diem et al. 2005, Shwarz et al. 2008). Suite à cela, les réplications réalisées par l’équipe de Speit en utilisant les mêmes cellules, les mêmes équipements et les mêmes conditions d'exposition n’ont pas pu retrouver les résultats de Diem et al.

Dans ces deux articles (Diem et al. 2005, Shwarz et al. 2008), les écarts-types très faibles et tous identiques attirent l’attention, ce type de distribution est en effet tout à fait inhabituel dans ce type d’expérience. Le paramètre utilisé pour quantifier les cassures n’est pas le plus pertinent, le traitement particulier des résultats n’est pas bien expliqué. Tous ces éléments expliquent les interrogations qui ont pu être soulevées par ces études (Vijayalaxmi & al, 2006 ; Lerchl A., 2009) et qui ont été exprimées par [Vogel, 2008].

TNO

Dans une étude hollandaise (1), rendue publique en septembre 2003, 48 volontaires ont été exposés brièvement à des ondes similaires à celles émises par les antennes de stations de base à des niveaux de 1V/m. Ces expériences ont été faites dans un laboratoire de recherche réputé : TNO (Laboratoire de physique et d’électronique) qui a décrit ces résultats dans un rapport et des conférences publiques, mais ne les a pas encore publiés dans un journal scientifique. Pour cette étude, deux groupes de 24 sujets ont été constitués : L’un, constitué à partir d’un registre de déclaration de sujets se disant sensibles aux effets des antennes de téléphonie mobile et l’autre constitué de sujets ne présentant aucun trouble près d’une antenne. Il s’agissait là d’une étude pilote de faible ampleur qui a montré que des effets de faible amplitude étaient observés sous exposition, en particulier pour les sujets non sensibles, surtout sur le bien-être et surtout pour le signal UMTS de troisième génération, plutôt que pour les signaux GSM 900 et 1800. La conclusion des auteurs était que les signaux UMTS avaient un effet délétère sur le bien-être dans les deux groupes.

Après avoir été critiquée au niveau de sa méthodologie et de l’évaluation des résultats (Knottnerus et coll. 2004), l’étude a fait l’objet de plusieurs réplications, dont l’une, coordonnée par la Fondation Suisse de téléphonie mobile a été publiée en juin 2006 : Pour cette étude, les chercheurs suisses ont cherché à élaborer une méthode améliorée d'appréciation des résultats. Ainsi, les recherches ont porté sur 117 personnes (33 personnes électrosensibles et 84 personnes non électrosensibles âgées de 20 à 60 ans), sensiblement plus que pour l'étude néerlandaise, avec à la clé une fiabilité accrue des résultats. En plus d’un second niveau d’exposition (10V/m), la mise en place de l'exposition a été améliorée et des questionnaires conçus pour estimer le bien-être et ayant été validés ont été employés.

Comparées aux conditions de référence, ni l’intensité UMTS de 1 V/m, ni celle de 10 V/m n’ont altéré le bien-être des sujets. En outre, les sujets n’ont pas été en mesure de percevoir les champs électromagnétiques UMTS. Concernant les performances cognitives, aucune influence notable du rayonnement UMTS n’a pu être démontrée.

(1)Etude COFAM : Cognitive Functions And Mobiles ; Sawamborn et coll, 2003

PERFORM-A« In vivo research on possible health effects related to mobile telephones and base stations »

D’un coût total de 8,1 millions d’euros (financé en partie dans le cadre du 5ème PCRD) et rassemblant 6 laboratoires de 5 pays différents, ce projet examine l’effet de champs électromagnétiques GSM sur des animaux. La formation possible de tumeurs chez des rongeurs sains et la croissance favorisée de tumeurs chez des rongeurs déjà malades sont examinées en fonction de la fréquence et avec différentes durées d’exposition. Pour deux études, les chercheurs exposent des souris et des rats à des champs électromagnétiques à de 900 MHz et 1800 MHz, à raison de deux heures par jour, cinq jours par semaine, pendant deux ans. En ce qui concerne les souris, les résultats de T. Tillmann et coll. (de l’Institut Fraunhofer en Allemagne) n’ont mis en évidence aucun effet délétère des signaux radiofréquences DCS et GSM et aucun effet cumulatif sur le développement des tumeurs. Une troisième étude est consacrée à l’examen de l’influence d’une exposition quotidienne de quatre heures à 900 MHz pendant six mois sur des rattes Sprague-Dawley, auxquelles des tumeurs mammaires ont préalablement été induites avec du DMBA. Une autre partie de l’étude vérifie les résultats de l’étude australienne (Repacholi et al. 1997) effectuée sur des souris, lors de laquelle, dès 1997, un taux de lymphomes doublé voire triplé a été constaté sur des souris transgéniques après 18 mois d’exposition quotidienne d’une heure à 900 MHz. L’ensemble des résultats est négatif.

PERFORM B

Le programme européen Perform B, d’un coût de 2,7 millions d’euros portait sur « des études de réplication in vitro et in vivo en rapport avec la téléphonie mobile et la santé ». Le laboratoire PIOM à Bordeaux assurait la coordination de ce programme. Deux laboratoires travaillaient en parallèle sur chacun des trois sujets traités : génotoxicité, activité de l’enzyme ODC et mémoire du rongeur.

À partir des résultats de Maes en Belgique, des études ont été menées sur l’action des champs RF associés aux rayons X ionisants. Plusieurs tests de génotoxicité in vitro ont été utilisés et l’exposition était réalisée à l’aide de signaux GSM900 (1 et 2 W/kg) et 1800 (1 W/kg). Aucun effet génotoxique n’a été observé.

A la suite des travaux du groupe de Litovitz sur l’activité de l’ODC dans des fibroblastes, des travaux effectués avec différents signaux RF et sur plusieurs types de cellules n’ont pas permis de confirmer les résultats de Litovitz. L’activité de l’ODC n’était pas altérée par l’exposition.

Le groupe de Lai (2) aux USA avait publié des résultats montrant une altération de l’apprentissage de rats exposés à des signaux RF pulsés. Les études menées dans le cadre de Perform B sur des rats et des souris soumis aux mêmes signaux ainsi qu’à ceux de la téléphonie mobile se sont révélés négatifs (Cassel et coll.).

GUARD« Potential Adverse effects of GSM cellular phones on hearing »

À partir de l’année 2000, Paolo Ravazzani a coordonné le lancement et la mise en oeuvre de GUARD, un des premiers et plus importants projets européens de recherche biomédicale lancés par l’Union Européenne lors du cinquième programme cadre. Des spécialistes français, britanniques, italiens, grecs, lituaniens, hongrois et russes, ont d’abord mené des essais approfondis sur des modèles animaux. Parallèlement, des systèmes élaborés d’enregistrement de mesures et de contrôles ont été mis au point pour mener des tests directs sur les systèmes auditifs de volontaires humains, en particulier en fonction du positionnement des appareils. L’un des thèmes étudiés portait sur la question centrale des effets non thermiques localisés que peut entraîner l’usage intensif des appareils GSM opérant aux fréquences de 900 et 1800 MHz.

Dans la première partie du projet, les chercheurs ont exposé les rats aux signaux 900 et 1800 MHz deux heures par jour pendant 4 semaines en utilisant une antenne boucle. Ils ont testé l’audition de l’animal avant, pendant, et après l’exposition en utilisant une technique standardisée : la mesure de l’émission otoacoustique spontanée qui sont des sons de faible intensité générés par l’oreille interne en réponse à un stimuli auditif. Les équipes ont étudié également comment les signaux RF peuvent interférer avec la prise de médicaments (gentamicine) qui peuvent avoir un effet toxique sur l’oreille. De même manière, l’audition des animaux employés (cochons d’Inde) étaient testée par les émissions otoacoustiques.

Des expériences sur des volontaires humains furent également réalisées concernant les effets sur le système auditif. Juste avant et immédiatement après une communication mobile de 10 minutes, les chercheurs testèrent les réactions à des stimuli auditifs, qui nécessitent une réponse verbale de l’individu et l’analyse des émissions otoacoustiques. Les chercheurs étudièrent également les effets d’un usage répété du mobile, en comparant les effets sur un groupe de « petits utilisateurs » (moins de cinq minutes par jour) à ceux d’un groupe « gros consommateurs » (plus de trente minutes par jour).

Après avoir exposé un total de 490 animaux et 550 volontaires humains, les équipes ont conclu qu’ils n’avaient pas détecté d’effets sur l’audition des animaux et des volontaires.

« Après trois années de recherches, aucun de nos résultats ne permet d’affirmer qu’il y ait la moindre nocivité décelable des téléphones portables actuellement utilisés sur les principales facultés auditives » (Paolo Ravazzani, coordinateur du projet)

EMFnEAR (3)

« Exposure at UMTS electromagnetic fields : Study on potential adverse effects on hearing »

Ce projet regroupe 8 laboratoires provenant de 7 pays européens, pour une durée de 30 mois (décembre 2004 – juin 2007). Ses principaux objectifs sont :


  • d’évaluer les modifications éventuelles des fonctions auditives animales et humaines dues à l’exposition RF des téléphones mobiles UMTS,
  • Soutenir des prises de décision argumentées au niveau des autorités environnementales et informer le public,
  • Fournir aux industriels des informations adaptées pour l’analyse et le contrôle des risques potentiels des mobiles UMTS sur l’audition,
  • Contribuer à la définition des limites d’exposition pour ces modulations et ces bandes de fréquences et, par conséquent, contribuer à la révision de la Recommandation européenne du 12 juillet 1999.


Ce projet regroupe comme le projet GUARD deux volets : des expérimentations humaines et des expérimentations animales avec des approches in vivo et in vitro. Pour ce qui concerne les études in vivo, les tests portent sur la production de distorsions au niveau des émissions otoacoustiques, les émissions otoacoustiques évoquées transitoires, les effets efférents contro-latéraux, les potentiels évoqués auditifs et l’audiogramme subjectif. Concernant les tests in vitro, les tests portent sur l’analyse de l’expression des marqueurs de certaines cellules, analyse de l’apoptose et de la concentration en ion de certaines cellules de rats après exposition aux signaux UMTS. L’analyse préliminaire des données (printemps 2007) ne montre aucun effet d’une exposition à un champ électromagnétique UMTS, que cela soit au niveau du système d’audition humain qu’au niveau du système d’audition des rats.

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(1)Etude COFAM : Cognitive Functions And Mobiles ; Sawamborn et coll, 2003
(2)Lai h and coll ; Intercations of MW and temporally incoherent magnetic field on spatial learning in rat. Physiology and Behaviour, 2004.
(3) http://www.emfnear.polimi.it/

EPIDEMIOLOGIE :

L'épidémiologie est la discipline scientifique étudiant la fréquence et la répartition des maladies, dans le temps et dans l’espace. Elle analyse ainsi le rôle de différents facteurs pouvant intervenir dans l’apparition de ces maladies. Par exemple, dans le cas de la téléphonie mobile, cette discipline étudie la possible association statistique entre l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables et l’incidence de diverses pathologies.


Une association significative entre l’exposition à un facteur X et une maladie Y n’implique pas nécessairement une relation de cause à effet entre ce facteur et la maladie en question. L’association observée peut être liée à des facteurs de confusion, des biais de sélection…


Pour étudier l'influence du facteur « exposition aux ondes électromagnétiques »sur une maladie, l'épidémiologiste effectue des enquêtes auprès des populations. Deux types d'études épidémiologiques sont principalement réalisés :

Les études de cohorte :

Le principe de ces enquêtes est de comparer l’incidence d’une pathologie chez des sujets exposés à un facteur donné à son incidence chez des sujets non exposés. L’épidémiologiste peut parfois être amené à définir plusieurs classes d’exposition. L’incidence d’une pathologie est définie par l’OMS comme étant « le nombre de nouveaux cas d'une maladie constatés pendant une période déterminée et dans une population donnée ».


Ce type d’enquête nécessite un suivi dans le temps des personnes participant à cette étude. La durée de ce suivi est variable suivant les enquêtes. Les sujets recrutés sont tous indemnes de la maladie étudiée au moment de leur inclusion dans l’étude.

Dans le cadre de l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par un téléphone mobile, l’épidémiologiste recrutera par exemple ,des personnes utilisant peu ou pas de téléphone portable et des personnes ayant une utilisation importante de leur téléphone mobile. Il comparera l’incidence de la maladie Y chez les personnes utilisant peu ou pas de téléphone mobile à son incidence chez des personnes ayant une utilisation importante de leur téléphone mobile. SI l’incidence de la maladie Y est comparable entre les 2 groupes, l’épidémiologiste conclura à une absence d’association entre l’utilisation du téléphone et l’incidence de cette maladie. Dans le cas contraire, il conclura à une association significative entre l’utilisation du téléphone portable et l’incidence de la maladie Y.

Les études cas témoins :

Le principe de ces enquêtes est de comparer la fréquence d’exposition à un facteur donné, chez des « cas » (personnes atteintes par la pathologie étudiée) et chez des « t émoins » (sujets indemnes de cette pathologies)..
Dans le cadre de l’exposition aux ondes électromagnétiques émises par un téléphone mobile, l’épidémiologiste recrutera des personnes atteintes par la maladie Y et des sujets non malades. Il comparera l’utilisation du téléphone mobile par ces 2 groupes. Si l’utilisation du téléphone mobile par ces 2 groupes est comparable, il conclura qu’il n’y a aucune association entre utilisation du téléphone mobile et incidence de la maladie Y. Dans le cas contraire, il identifiera une association entre utilisation du téléphone mobile et apparition de la maladie Y.


L’ETUDE INTERPHONE (étude cas-témoin)

La plupart des études épidémiologiques publiées à ce jour étaient peu informatives pour trois raisons principales : une mauvaise connaissance des niveaux d’exposition (en grande partie due au biais de rappel), un faible recul dans le temps et enfin une base statistique insuffisante (c’est-à-dire le faible nombre de cas).

L'étude Interphone avait pour objectif de s'affranchir de ces trois limites.

Débutée en 2000 et achevée en 2004 son objectif était de répondre au questionnement sur l’émergence éventuelle d’une augmentation des tumeurs de la tête et du cou liée à l’utilisation du téléphone portable.

Dotée d'un budget d’environ 10 millions d’euros par l’Union Européenne, l’industrie de la téléphonie mobile et les 13 états participants ont contribué à son financement.

Il s’agit, de loin, de la plus grande étude épidémiologique de ces tumeurs à ce jour. La publication de l'ensemble des résultats est attendue prochainement.

La publication principale, regroupant les résultats des 13 pays participants (Allemagne, France, Japon, Israël, Suède, Danemark, Finlande, Royaume-Uni, Nouvelle-Zélande, Australie, Norvège, Italie, Canada) a été publiée le 17 mai 2010 dans l'International Journal of Epidemiology. Elle rapporte uniquement les résultats concernant les méningiomes et les gliomes.

  • Pour l’ensemble des pays, le taux de réponse était de 78% pour les cas de méningiomes, 64% pour les cas de gliomes et 53% pour l'ensemble des témoins. Au total, l'étude des méningiomes a porté sur 2409 cas et 2662 contrôles, l'étude des gliomes sur 2708 cas et 2972 contrôles.
  • De manière générale, aucune augmentation du risque de gliomes ou de méningiomes n’a été observée du fait de l’utilisation de téléphones portables. Un risque plus élevé de gliomes a pu être relevé pour les niveaux d’exposition les plus élevés (temps d’appel cumulé remémoré, > 1640 h), mais les biais et les sources d’erreur empêchent d’établir une interprétation causale.

Téléchargez les résultats de l'étude Interphone:



ETUDE DE COHORTE DANOISE (étude de cohorte)

Une étude de cohorte danoise, basée sur une population précédemment utilisée lors d’une autre étude [Johansen, et al. 2001], a été présentée [Schuz, et al. 2006c]. Le jeu de données utilisé a été étendu jusqu’en 2002. Il s’ensuit qu’il contient considérablement plus de cas de cancer et d’individus ayant utilisés le téléphone portable sur une période prolongée.

Dans cette étude l’accent est porté sur la comparaison entre les individus utilisant le téléphone portable et ceux ne l’utilisant pas.

Les résultats montrent que l’utilisation du téléphone portable n'est pas associée au développement de tumeurs du cerveau, de neurinomes de l’acoustique, de tumeurs des glandes salivaires, de tumeur des yeux ou de leucémies.

Cette étude s’appuie sur les informations fournies par les individus possédant les téléphones et non sur celles pouvant être recueillies auprès d’utilisateurs de téléphones mobiles. Cette méthode alternative ne vient pas sans ses inconvénients, l’un d’eux étant que la personne possédant le téléphone n’est pas toujours celle qui l’utilise. Un autre inconvénient est que les individus utilisant le téléphone mobile de leur entreprise, et qui sont probablement parmi les plus grands utilisateurs de téléphones mobiles, sont absents de la cohorte, mais sont inclus dans les différents taux nationaux d’incidence de maladies.

L'ETUDE CEFALO

L’étude cas-témoin multicentrique européenne, Cefalo, première étude pédiatrique dans le domaine de la téléphonie mobile et le risque de cancers, avait pour but d’étudier s’il existait une possible association entre risque de tumeurs cérébrales et utilisation du téléphone portable chez les enfants et les adolescents. Les résultats de cette étude ont été publiés durant l’été 2011.
L’évaluation de l’utilisation du téléphone portable par les 362 patients et 646 sujets sains (âgés de 7 à 19 ans) inclus dans cette étude a été réalisée par des questionnaires et par l’analyse des données des opérateurs quand elles étaient disponibles.
Dans le cadre de ce projet, les auteurs ont observé une absence de relation exposition-réponse, que ce soit en terme de durée d’utilisation du téléphone portable ou que ce soit par la localisation des tumeurs. En conclusion, les auteurs indiquent que cette observation va à l’encontre d’une association causale entre tumeurs cérébrales et utilisation du téléphone mobile.

Pour plus d'information : http://jnci.oxfordjournals.org/content/early/2011/07/27/jnci.djr244.abstract

MOBIKIDS

L’étude internationale MOBI-KIDS étudie la relation entre les technologies de communication, dont les téléphones mobiles, les facteurs environnementaux et le cancer du cerveau chez les populations jeunes. Financée en partie par l’Union Européenne, elle a débuté en 2009 dans 13 pays, européens et non européens. Il s'agit d'une étude similaire à INTERPHONE. Environ 2000 sujets âgées de 10 à 24 ans et atteints d’une tumeur cérébrale ainsi qu’un nombre similaire de jeunes n’ayant pas de tumeur seront invités à participer à cette étude, sur une période de cinq ans.

Pour plus d’information : http://www.mbkds.com/

COSMOS

Cette étude de cohorte regroupe 5 pays : le Royaume-Uni, la Finlande, les Pays bas, le Danemark et la Suède. Elle est financée en partie par le MTHR, programme indépendant de recherche sur la téléphonie mobile et la santé. Son objectif est de suivre la santé d’un large groupe de personnes (environ 90000 sujets) sur une longue période afin de détecter un éventuel effet sur la santé lié à l’utilisation au long terme des téléphones mobiles. Débuté en mai 2009, ce projet doit se terminer dans 20 à 30 ans.

Le site Internet COSMOS (en anglais) : http://www.ukcosmos.org/index.html